« Gravity », tout ce que je déteste sauf que j’ai adoré

gravity terre2
Un film de cosmonautes, un budget à 12 chiffres, la place à QUATORZE EUROS CINQUANTE, des lunettes 3D,  des numéros de drague lourdingues, les stigmates grandiloquentes du cinéma d’action… Tout ce que je rejette normalement. Gravity prend les clichés un à un, les file en collier et vous les envoie dans la gueule à la vitesse d’un débris galactique. Puis vous regarde ensanglantée mais en transe en vous narguant : «Et ouai, t’en as encore avalé un la bouche ouverte et tu l’as même pas vu passer.»

«Lâcher prise» qu’il lui dit à Sandra Bullock. Moi j’ai lâché la corde, arraché mon casque et croisé les bras en attendant de me faire étouffer par mon CO2. J’ai serré les dents pour ne pas verser ma larme quand elle parle à sa fille, j’ai ri aux blaguounettes de Clooney, et j’ai presque levé les bras au ciel quand elle lâche enfin son «let’s go home!». Ce film, c’est tout ce que je déteste sauf que j’ai adoré. Cuaron m’a eue, toute entière et toute nue.

apesanteur
J’ai lu un commentaire d’internaute qui disait, «j’ai arrêté de respirer pendant 1h30». Perso, j’ai arrêté de respirer, oublié comment je marchais, et regardé ma main s’accrocher à la barre du métro pendant tout le trajet retour. Devant le ciné des Capucines, je tirais sur ma clope avec l’impression de m’étouffer. Les jambes sciées, le teint que je sentais blafard.

Deux heures plus tard, alors que je finis ces lignes, je ne sais toujours pas si Gravity est un film sur l’espace, sur l’instinct de survie, un film mystique ou féministe. Peut-être juste un film grand spectacle, ou alors un film révolutionnaire. Je ne sais pas si Cuaron tire de Terrence Malick, Brian de Palma, James Cameron.

Je ne sais pas si les cheveux de Sandra Bullock devaient flotter en vrai et que du coup ce film est une arnaque. Peut-être même que dans quelques heures, je redescendrai de ma stratosphère et que je réaliserai que le scénario est à la hauteur de celui d’Armageddon. Mais en fait je n’en ai absolument rien à foutre. Gravity m’a cassé les jambes, séché la bouche et foutu une énorme claque dans la gueule.

Publicités

Une réflexion sur “« Gravity », tout ce que je déteste sauf que j’ai adoré

  1. Tout d’abord merci pour ce screenshot :), ensuite je dois dire que je me suis beaucoup retrouvée dans ton article. 1h30 puis un blackout de vie. Je me suis rendue compte que pour rentrer chez moi j’ai respiré à plein poumons, comme jamais auparavant. Entre crise d’asthme et premières respirations de vie. Néanmoins, je suis restée sur ma fin, encore trop éprise de l’espace.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s