Non, les Italiens ne sont pas tous des cons

Ce n’était pourtant pas gagné. Materazzi et les triples boucles piqués des footeux (à parfois, lourde tendance raciste), ne m’avaient pas aidée. Le routard en avait rajouté une couche. Les collègues bienveillants avaient posé les finitions: «Quoi tu pars en Italie? Nous on s’est fait ouvrir la caisse, et on n’est pas les seuls.» Merde. L’inconvénient du voyage à l’impro, c’est que tu peux y renoncer jusqu’à la dernière seconde. Et j’y ai lourdement pensé. Ces deux semaines que tu attends depuis huit mois, te tendent leurs bras incertains, poilus et transpirants. Et tu te maudis de n’avoir pas pris des billets six mois avant, avec itinéraire cadré, promo sur le mojito et gélules de bronzage. Con de manque d’organisation.

Le tableau c’était ça: L’Italie c’est hors de prix, surpeuplé («à éviter à tout prix entre le 5 et le 25 août» qu’il disait le routard), impossible de circuler dans les villes de la côte, ni de s’y garer, et les parkings vont vous forcer à hypothéquer votre moelle épinière. Ah oui, et puis les Italiens conduisent mal, et ils n’aiment pas les caisses de touristes. Mais, «la voiture est de loin le moyen de transport à privilégier». Con de routard.

Entre la mama-bombasse et le macho BG gominé, on avait tout faux. Moule-bite de rigueur de haut en bas de la botte et abus de prosciuto pour tout le monde. Pour la première et la dernière fois de ta vie, tu trouves que tu débordes de classe en bikini fushia. Le jus de la tomate que tu croques te dégouline sur la cuisse? Classe. L’eau froide du camping de la veille t’a ENCORE empêché de te raser? Classe. Tu sors de l’eau en brandissant ton bras boursouflé par une méduse? Classe. L’Italien est tellement stylistiquement raté, que tout en toi transpire le glamour. Coupe long (vraiment long sur le dessus) et rasé en dessous, de 5 à 65 ans. Peur de rien l’Italien. Sauf de l’eau peut-être. Moulé dans son transat (jamais à même le sol), l’Italien cuit. Aidé par la couenne du «panino» de midi. Préférant s’agglutiner comme des penne en gratin sur une plage de 20m² plutôt que de tenter le rocher, désert.

Seulement voilà, quand il va le manger son panino, l’Italien replie son parasol, pose son sac sur le transat, et rejoint le bar de la plage, même pas forcément à portée de vue, seulement son porte-monnaie en main. L’Italien, quand il pose son vélo quelque part, il ne met pas d’antivol. L’Italien, s’il te manque 50 centimes pour payer, il s’en fiche. Quand tu débarques à 22h dans un bar paumé d’un village paumé, parce que tu as dû sortir de l’autoroute en catastrophe sous peine de faire exploser ta voiture, l’Italien, il t’indique un B&B, cherche le numéro pour toi, appelle à ta place, se félicite de ton italiano approximativo, et prend une voiture pour te montrer le chemin. L’Italien quand il te sourit, il te sourit vraiment, avec ta main dans la sienne. En fait l’Italien, il se la pète 10.000 fois moins que le Parisien. Ou le Marseillais. Con de cliché.

Mieux, l’Italien, sur la route, il ne reste pas sur la voie du milieu. C’est sûr, il accède difficilement à la notion de stop, est insensible aux lignes blanches, zébras, feu rouge. Mais tu ne plantes pas un coup de frein tous les 10 mètres. L’Italien, il aime sa bagnole, il la bichonne, même entre deux oliviers au camping. L’Italien, il vibre de se faire les virages du promontoire du Gargano, dans les Pouilles. Il ne te colle pas au pare-choc, ne te fait pas d’appel de phares. Quand t’es arrêté EN PANIQUE sur la bande d’arrêt d’urgence, l’Italien fait A CHAQUE FOIS un écart sur la voie de gauche. Con d’ironie.

Des collines pépères de Parme, au littoral adriatique abimé, jusqu’aux champs de cactus de la Calabre, l’Italien, il kiffe que tu essaies de parler sa langue. Et il te montre à peine que tu as un accent ridicule. «Je voudrais un place du tente pour la nuit. Combien est-ce?». Ça passe. Au pire, il se marre, et ça te fait marrer aussi. Pour avoir grandi dans un des coins les plus touristiques de France, et pour vivre aujourd’hui dans la ville la plus visitée au monde, je vends ma collection de Causette, à celui qui me dit que ça se passerait comme ça chez nous. Cons de Français.


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2 réflexions sur “Non, les Italiens ne sont pas tous des cons

  1. Forza Italia !!!

    Vou le francese vous aites tout des con de stronsi qi conassent rien.

    Nous le ITALIENS ITALIANI siamo,nous somme les melleures,
    avons les plus des bellessimes fammes, la plus grande de la nourriture et la cuisine,IL VINO Grandiosissimo.
    Les francese sono piccoli, vous ete rien, votre paese e totalement brutto,orribile,.
    Le frances se lavent pas ils putent.

    L’ITALIA E BELLISSIMA, ITALIANE SONO BELLISSIME E NOI SIAMO GLI MIGLIORE.

    FRANCESE che de la MERDA !!!!

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