Les Inrocks visent mal avec leur «Girl Power»

De mémoire, Les Inrocks ne sont plutôt pas trop mauvais en terme de Une, d’innovation, de journalisme. Mais là, je ne comprend pas. La Une de ce mercredi présente quatre femmes «valeurs montantes» de la gauche, regroupées sous l’expression éculée «Girl Power». Aurélie Filippetti, Najat Vallaud-Belkacem, Fleur Pellerin et Delphine Batho, toutes PS et actives dans la campagne de François Hollande, seraient donc pour l’hebdo, la «relève à gauche». Soit.

J’ai quand même un soucis avec l’emploi de l’expression «Girl Power».

Pour moi, «Girl Power», ce sont les Spice Girls et les T-shirts Jennyfer rose fluo, portés par des fillettes de 9 ans. On est loin de la politique, loin des combats de parité, loin des parcours brillants de ces jeunes femmes.

Et Wikipédia a confirmé ce que je craignais: «Le girl power est un mouvement et phénomène culturel inspiré du féminisme, porté par les idoles de la musique pop (Madonna, Britney Spears, Christina Aguilera) et RnB (TLC, Destiny’s Child, etc.) lancé par le groupe britannique Spice Girls en 1996 qui en font leur hymne. Cette philosophie est ensuite récupérée au sein du marché de la mode.»

C’était fun, un peu plus sexy que Benoite Groult, c’est sûr. Mais réduit à un impact circonscrit à la cour du collège. Un phénomène bien résumé par Pascal Ladhalle, auteur sur WeLoveWords : «(…) Je suis la reine de la soirée. Les garçons, j’les mène par le bout du nez (…)».

Stérile, au pire, mais pas bien méchant? Même pas sûr. Les quelques lignes du poème de Pascal, laissent imaginer les conséquences de ce «mouvement» sur la féminité, la société et son image des femmes. Et comment on formate le cerveau des fillettes, à la sortie de la maternelle. Dans son blog Voir, Stéphanie Alcaraz Robinson, étudiante, accuse ainsi le «Girl Power» d’avoir sa part de responsabilité «dans la marchandisation de la femme.»

«Je suis de la génération qui a vu les Spice Girls revendiquer le Girl Power,  explique Stéphanie Alcaraz Robinson, légèrement vêtues -ou vêtues de vêtements très moulants, ne laissant rien à l’imagination- et résumant leurs volontés de femmes en chantant « I wanna, I wanna, I wanna, I wanna, I wanna really really really wanna zigazig ha. » Profondes paroles… Ces 5 femmes ont été, le temps de quelques chansons, le modèle féminin de toute une génération de filles et adolescentes voulant ressembler à ces femmes libres et libérées.»

 

 

«I wanna… » De jeunes femmes libérées par la possession, si on résume. Marchandisation du corps, et célébration de la consommation, tristement cohérent, en somme.

Les nouveaux modèles féminins nés dans les années 90, avaient en fait, selon Liesbeth Van Impe, chef de la rédaction politique pour le quotidien «Het Nieuwsblad», une chose en commun. «Non seulement, elles représentaient le succès (certains personnages féminins, comme Buffy contre les vampires, sauvaient le monde à la TV chaque semaine), mais elles ont aussi lancé la mode en sauvant le monde en hauts talons et en sachant quel rouge à lèvres était à la mode. Jeunes, belles, confiantes et prêtes à dépenser beaucoup d’argent pour des vêtements, du maquillage et des accessoires. Bref, ces modèles devenaient le rêve de tout commercial.»

Et si j’ai bien suivi, maintenant, quand on est une «meuf trop stylé, mais qui se laisse pas marcher sur les pieds», on est une «GeePee» (Le G de Girl et le P de Power il me semble). Du nouveau dans le combat féministe? Je vous laisse juge: «Geepee or not»

Et bien entendu, les «Geepee», c’est tout les Inrocks…

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